11NOVEMBRE

Ce mardi 12 novembre 2019, une classe de 3ème du collège Saint Joseph, et une classe de 2nde du lycée Saint Jean - accompagnées d'un professeur de français et d'un professeur d'histoire - se sont déplacées jusqu'au lycée public Maréchal Lannes, pour participer à une cérémonie de commémoration de l'Armistice de 1918, devant la stèle des anciens élèves morts pour la France, en présence de M. Hullo, notre chef d'établissement, avec son adjoint en charge du lycée, M. Morassut. Des personnalités politiques et militaires étaient présentes: M. Duclos, maire de Lectoure, le Général Bos, président du Souvenir Français, M. Mazzoleni, conseiller régional, M. Ballenghien et Mme Manissol, conseillers départementaux. Enfin, M. Martin, proviseur du lycée Maréchal Lannes, qui nous accueillait avec ses adjoints, Mme Gaspari (proviseur-adjoint) et M. Dejean (principal-adjoint), a présidé la cérémonie.

Les discours des officiels ont été suivis de la lecture d'une lettre d'un soldat après la bataille de Verdun par un élève de 3ème de Saint-Jo, et du discours de Maurice Genevoix, par un élève de 2nde de Saint Jean (texte de ce discours en cliquant ici). Des élèves du collège Maréchal Lannes ont ensuite lu de brefs textes personnels exprimant ce qu'évoquait pour eux la Première Guerre Mondiale.

Un dépôt de gerbe, et le chant de l'hymne national, la Marseillaise, ont conclu cette cérémonie.

Il est à noter que c'est la deuxième année que le collège Saint Joseph et que le lycée Saint Jean s'associent à une cérémonie commémorative à l'ensemble scolaire du Maréchal Lannes, moment précieux où les différences scolaires s'estompent pour faire place à l'union.

Documents:

photographies, discours prononcé par le directeur adjoint responsable du lycée Saint Jean.

2019 11 12 Commémo

 

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Chers élèves,

Pourquoi sommes-nous ici réunis ?

Quel sens cela a-t-il, plus d'un siècle après la fin de la Première Guerre Mondiale ?

Quels sens, chers élèves, l'inscription « morts pour la France » a-t-elle pour vous ?

A notre époque, où, heureusement ! la perspective d'une guerre avec l'Allemagne ou tout autre de nos voisins semble plus qu'improbable, pourquoi devrions-nous être concernés par ces « morts pour la France » ? N'appartiennent-ils pas à l'histoire ? Pourquoi tant de cérémonies ?

« Morts pour la France ». Ces lettres d'or gravées sur le marbre froid, ces « mots d'or sur nos places » comme l'écrit Aragon, sont peut-être étrangers aux jeunes d'aujourd'hui. Ils appartiennent au passé, ces jeunes lectourois qui ont quitté famille, jeune épouse, jeunes enfants, pour l'enfer des tranchées. Et ces mots, « morts pour la France », appartiennent-ils au passé, eux-aussi ? Certains parmi vous, chers élèves, se disent peut-être qu'ils ne seraient pas prêts à mourir pour la France. Que cela ne les concerne pas.

Mais nous savons, au fond de nous, que nous sommes tous prêts à donner notre vie pour quelque chose. Quelque chose de précieux et de fragile. Imaginer qu'une personne à laquelle je tiens plus que tout puisse être maltraitée, torturée ou tuée, me révolte. Instinctivement. Naturellement. J'ai conscience alors de sa valeur aussi bien que de sa fragilité. Ne serions-nous pas prêts à donner notre vie pour un mari, une épouse, des enfants, une sœur, un frère, un vieux père, une vieille mère, s'ils étaient en danger ?

Hé bien, des jeunes hommes sont morts au front, et à l'arrière, des jeunes femmes ont souffert et pleuré, parce qu'il fallait défendre quelque chose de précieux et de fragile : la France. Ce n'est pas un concept. Pour eux, comme pour nous, la France, c'était une petite maison, une petite ville qu'on aime ; un paysage qu'on a vu tout notre enfance. C'était un mode de vie doux et paisible, des coutumes qui donnent sens à la vie, une langue riche et belle. Tout cela est si fragile. Et si précieux.

Aujourd'hui, on ne vous demandera pas de donner votre vie pour combattre contre l'Allemagne. Et pourtant, il y a tant de causes pour lesquelles s'engager. Pour lesquelles donner sa vie.

Alors, chers élèves, êtes-vous prêts à surpasser vos égoïsmes, l'individualisme généralisé, et donner votre vie ? Pour quelque chose de précieux et de fragile ? Les raisons de s'engager ne manquent pas aujourd'hui. L'équilibre de la nature en grave péril ; la bien commun de la société remis en cause ; la paix mise en danger ; la vérité bafouée...

C'est cela ! C'est cela que vous disent tous ces morts. Ces jeunes hommes qui sont tombés. Ces jeunes femmes qui ont pleuré. Tous ces jeunes gens qui ont payé le prix fort de la folie des hommes, ils vous disent que ce que vous croyez précieux, ce à quoi vous tenez, n'est ni éternel, ni indestructible. Que ce qui est précieux est aussi fragile. Et que ce qui est précieux aussi bien que fragile ne pourra continuer à exister que si l'on donne sa vie pour le défendre.

 

M. Morassut

 

 

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